01 novembre 2006
Une Nouvelle Internationale Syndicale.
Ce ne sont pas des chants révolutionnaires, mais des rondes viennoises qui ont salué, mercredi 1er novembre, la naissance de la Confédération syndicale internationale (CSI). Près de 1 700 délégués syndicaux, en costume, boubou ou coiffés de voiles ou turbans, se sont levés pour applaudir la fin de la guerre froide entre la laïque et réformiste Confédération internationale des syndicats libres (créée en 1949, elle revendique 155 millions d’adhérents) et la chrétienne Confédération mondiale du travail (née en 1920 et rassemblant 27 millions de membres).
Les deux frères ennemis du syndicalisme mondial avaient successivement voté, la veille, leur dissolution, pour créer ensemble, au petit matin, cette nouvelle Internationale « démocratique » et « unifiée dans la diversité ». L’ont rejointe mercredi huit syndicats, qui n’étaient pas ou plus affiliés à une fédération mondiale, comme la CGT française, la CTA argentine ou l’OPZZ polonaise.
Des invités de poids, comme Heinz Fischer, le président autrichien, Juan Somavia, directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), ou, demain, Pascal Lamy, à la tête de l’Organisation mondiale du travail (OMC), se sont déplacés pour pointer le caractère « historique » de l’événement et les espoirs naissants pour une mondialisation plus juste. "Répondre aux défis de l’économie mondialisée..."
« La CSI tourne la page d’un mouvement syndical qui était jusqu’ici davantage marqué par sa division que par son unité. Jamais un mouvement d’une pareille ampleur et d’une telle représentativité n’avait encore existé », s’est ému l’italien Emilio Gabaglio, ancien secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), qui dispose d’un statut à part au sein de la CSI.
L’objectif, comme l’a résumé Guy Ryder, secrétaire général de la CISL qui devrait prendre la tête vendredi de la nouvelle confédération, est de « répondre aux défis de l’économie mondialisée et d’assurer un travail décent pour tous et plus de justice sociale ».
Dans ses statuts, votés mercredi, la CSI entend défendre les droits sociaux et promouvoir la liberté syndicale et la négociation collective en se « confrontant aux entreprises multinationales », en se rapprochant d’organisations civiles comme les ONG ou encore en accentuant le lobbying auprès du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale ou de l’Organisation mondiale du commerce.
« Nous voulons que les normes internationales du travail, que sont la liberté syndicale, de négociation, la non-discrimination ou l’interdiction du travail forcé ou des enfants, deviennent des critères de conditionnalité pour ces institutions de la mondialisation, explique Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, qui salue la création de la CSI, dont son syndicat fait partie au même titre que la CFDT, la CFTC et, depuis mercredi, la CGT. Mais pour donner un sens, une lisibilité à cette nouvelle Internationale, il faut proposer des choses concrètes. »
Quelle sera la stratégie syndicale de la CSI ?
« Nous réfléchissons à une journée d’action. Il nous faut démontrer que nous sommes capables de mobiliser les organisations nationales au niveau mondial. Il est urgent de rapprocher l’action syndicale nationale et l’internationale, qui sont trop éloignées l’une de l’autre », explique Guy Ryder.
Quelle sera la stratégie syndicale de la CSI ? Et ses mots d’ordre ?
Ira-t-elle jusqu’à décréter des actions d’arrêt de travail ou de boycott au niveau international ou se contentera-t-elle de négocier et de faire du lobbying ? « La CSI sera ce que nous voudrons en faire ensemble », résume son futur secrétaire général. Pour l’heure, seuls ses statuts ont été votés jeudi 2 novembre. Elle possède aussi son propre logo (un rond orange souligné sur la gauche par une virgule rouge, évoquant un sourire de travers, ou une planète désaxée) et une trilogie prônant « Unité, travail et solidarité ».
Le reste devrait être débattu jeudi 2 et vendredi 3 novembre. La CSI n’exclut pas des négociations avec la Fédération syndicale mondiale (FSM), l’autre organisation mondiale, regroupant 145 syndicats apparentés communistes. Fred Van Leeuwen, son président, a même proposé mardi la création d’un « conseil global international » pour pouvoir travailler ensemble sur certains dossiers.
"Une force de transformation sociale"
Cela ira-t-il jusqu’à la fusion ? Willy Thys, l’ancien directeur général de la CMT et cofondateur de la CSI, souligne, qu’en tant qu’« organisation syndicale démocratique et indépendante », la CSI a « une éthique ». « Nous demandons à ce que chacun de nos membres fasse preuve d’un fonctionnement démocratique et d’une indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques ou des forces de l’argent. Nous voulons être une force de transformation sociale. Pour nous, le travail prime sur le capital. »
Le vote de la dissolution de son organisation, la chrétienne CMT, a été beaucoup plus douloureux que celui de la CISL, dont l’unanimité a même été saluée par le chant de L’Internationale en différentes langues. Une dizaine de syndicats de la CMT, dont un syndicat italien ou bolivien, ont voté contre la nouvelle CSI. « Jamais un vote n’avait été si majoritaire, plus de 95 %, et si peu applaudi », résume un syndicaliste canadien.
« Ce congrès est un temps fort. Mais la diversité est telle que l’on peut aussi bien aller vers un syndicat de la dénonciation que vers un syndicat de proposition et de construction. Le vrai danger serait de choisir vers le plus petit dénominateur commun. C’est davantage un mariage de raison que d’amour », pointe Joseph Thouvenel, chargé des questions internationales à la CFTC. "Face au capital, il faut unifier les rangs du mouvement ouvrier"
Il s’interroge aussi sur le poids important qu’auront, dans la nouvelle organisation, les Américains ou les Japonais, qui ont davantage d’adhérents et donc de droits de vote.
« Face au capital, il faut unifier les rangs du mouvement ouvrier, avoir le même langage, la même stratégie, pour protéger les intérêts sociaux et donner une dimension sociale à cette mondialisation. Mais cette unité ne doit pas camoufler la diversité, que la CSI doit considérer comme une richesse », prévient Mohamed Trabelsi, de l’Union générale tunisienne du travail, qui voit d’un bon œil l’idée d’organiser des grèves ou des actions de boycott de produits au niveau mondial.
Ce n’est pas le cas de François Chérèque, le numéro un de la CFDT, qui pourrait représenter les Français au bureau exécutif de la CSI, à moins qu’un « turn-over » avec ses camarades français ne soit décidé vendredi. Pour lui, le boycott pénalise déjà les salariés qui travaillent dans ces entreprises.
« Notre objectif est de réguler la mondialisation, pas d’être alter ou antimondialisation, avec toujours la volonté de rechercher le consensus. » A trois cents !
Bruno LEROY.
Source : La Croix.
10 octobre 2006
Voilà pourquoi nous sommes des chrétiens de Gauche !
Homélie prononcée par Mgr Hesayne, évêque émérite de Viedma, province de Santa Cruz, Argentine.
On ne peut être chrétien et néo-libéral...
Parce que le chrétien est disciple de Jésus dont le commandement - axe de tout son message - est l’amour solidaire exprimé dans sa phrase lapidaire : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Actes 20,35). Parce qu’être chrétien se définit par le partage équitable. Depuis que Dieu se fit homme en la personne de Jésus, la conduite de toute personne humaine a comme modèle une existence humaine pleine, réalisatrice d’une convivialité harmonieuse et pacifique.
Pour arriver à cette fin, des écrivains sacrés enseignèrent la belle utopie qu’un chrétien est appelé à acquérir les « habitudes divines » en se basant sur les paroles de Jésus que nous retrouvons en Matthieu 5, 48 : « Soyez parfaits comme votre père céleste est parfait. » Ou sur ces autres paroles dans l’évangile de Jean (15, 12) : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Les caractéristiques de l’amour que Jésus demande au disciple, l’apôtre Jean les développe concrètement dans ses lettres pastorales : « L’enseignement que vous avez appris dès le commencement est celui-ci : que nous nous aimions les uns les autres. Ne faisons pas comme Caïn qui était pernicieux et tua son frère. Pourquoi le tua-t-il ? Parce que ses œuvres étaient mauvaises et que celles de son frère au contraire étaient justes... » « En ceci nous avons connu l’amour : en ce qu’il a donné sa vie pour nous. Pour cela nous devons donner notre vie pour nos frères. Si quelqu’un vit dans l’abondance et voit son frère dans la nécessité, et qu’il lui ferme son cœur, comment l’amour de Dieu demeurera-t-il en lui ? Mes petits enfants n’aimons pas seulement en paroles mais en œuvres et en vérité » (1 Jean 3,16-18).
On ne peut être chrétien et néo-libéral...
Parce que le modèle de toutes les activités humaines du chrétien est Jésus-Christ et que Jésus se présente dans son évangile comme l’homme altruiste qui vit pour les autres. La personnalité chrétienne arrivée à maturité consiste en un « don de soi » et l’Esprit qui l’anime est le même Esprit qui dirigea Jésus lors de son passage sur cette terre. C’est le même Esprit du Ressuscité qui pousse chaque chrétien à chercher des alternatives socio-politiques pour que, où qu’il vive, surgissent les signes d’une société fraternelle, juste et solidaire. Dans le cas contraire, il déçoit Jésus-Christ, Seigneur de l’histoire qui compte sur le peu que peut offrir chacun de ses disciples pour construire le « tout » de la nouvelle société que Paul VI appela la « civilisation de l’amour ». Il faut penser globalement et travailler localement.
Par contre, le système néolibéral, système socio-économique-politique et même culturel, dans sa dynamique interne, cherche en premier lieu le bien-être individuel, sans relation avec les autres, sans relation avec le prochain. Pour cette raison, sa politique économique a comme objectif principal et souvent exclusif, l’accumulation de biens. Il est animé en outre par
un esprit de lucre, c’est-à-dire le désir d’obtenir des gains croissant sans limite ;
un esprit de concurrence exacerbé, porté à son paroxysme par un individualisme fort qui provoque la rivalité et la lutte entre les individus pour acquérir les plus grands gains possibles et qui recherche toujours le monopole qui représente le maximum de liberté pour soi et le maximum de limitations pour autrui ;
un esprit de rationalisation, c’est-à-dire que toutes les choses et toutes les personnes ne sont valorisées qu’en fonction des rendements et des coûts financiers.
On ne peut être chrétien et néo-libéral...
Parce que l’esprit du néolibéralisme est diamétralement opposé à l’Esprit Saint, l’Esprit de Jésus Christ, l’Esprit qui donne la vie et qui configure « l’être chrétien ». Il est opposé au plan de Dieu qui est de libérer tous les hommes et l’homme dans son intégralité. Il ne nie pas Dieu, il l’invoque même, mais ce n’est pas le Dieu de Jésus Christ.
De là, on ne peut proclamer Jésus et appeler à la conversion à l’évangile de façon réelle et concrète, sans dénoncer la perversité du système néolibéral. De ce fait, quand on implante le système néolibéral dans un pays
on engendre la mort sociale, en créant la classe des exclus par le chômage qu’il sème ;
quelques fortunés par le pouvoir et l’argent marginalisent froidement une grande majorité ;
on déshumanise la technique et on vide de contenu humain les progrès économiques qui, dans un projet chrétien, doivent être au service de tous par une distribution équitable ;
on altère et corrompt la liberté et la démocratie parce qu’elles ne sont pas accompagnées des valeurs de justice, de vérité et d’amour solidaire ;
on impose d’une manière inflexible et dogmatique la loi du marché, à tel point que, de fait, on nie toute alternative de convivialité communautaire à cause de l’absolutisme des intérêts privés d’une minorité toute-puissante et souvent « secrète » ;
en définitive, par un effet domino, on viole tous les droits humains qui permettent de vivre dignement comme personne humaine.
Enfin on ne peut être chrétien et néo-libéral...
Parce que la foi chrétienne promeut la culture de la vie. L’idéologie néolibérale, du moins dans sa réalisation historique, est l’antichambre de la mort pour la majorité exclue du travail, du logement décent, des soins de santé, de l’éducation, de l’alimentation de base et des loisirs nécessaires.
En vérité, on a nié l’identité chrétienne à des groupes catholiques pro marxistes. De même, on doit nier l’identité chrétienne aux catholiques pro néolibéraux. Les premiers ont levé la bannière de la justice mais sans liberté et par la lutte des classes. Les seconds, au nom de la liberté, par une conception économiste de l’homme, considèrent les gains et les lois du marché comme des paramètres absolus, au détriment de la dignité et du respect des personnes et des peuples, comme le dénonçait le pape Jean-Paul II dans son « Exhortacion post sinodal Iglesia en America » (no 56).
Dans l’Argentine actuelle, on dénonçait la marginalisation et l’appauvrissement de la population. Mais, on ne montrait pas suffisamment de manière concrète, claire, en se basant sur la foi en l’Évangile de la Vie, que la racine de l’injustice sociale dont nous souffrons, avec ses conséquences d’insécurité et de violence, se trouve dans la politique économique néolibérale que nos dirigeants ont adoptée depuis plusieurs décennies déjà.
Cela s’aggrave par le double discours de certains gouvernants qui s’acquittent des pratiques religieuses et qui, par contre, appliquent strictement le système néolibéral. Face au libéralisme, « la meilleure réponse, affirme Jean-Paul II, c’est l’Évangile ». Et, dans cette perspective, il insiste afin que nous, les pasteurs, nous consacrions « un plus grand effort à la formation éthique de la classe politique ».
(Traduction André Godin)
Bruno LEROY.
Source : Culture et Foi.
15 septembre 2006
POUR DES ÉLECTIONS EN FAVEUR DE L'HUMAIN.
Le capitalisme réellement existant ne fonctionne pas comme un système de concurrence entre les bénéficiaires du monopole de la propriété - concurrence entre eux et contre les autres. Son fonctionnement exige l’intervention d’une autorité collective représentant le capital dans son ensemble.
L’État n’est donc pas séparable du capitalisme. Or les politiques du capital, donc de l’État en tant que représentant de celui-ci - et dans le mesure où il l’est - ont leur logiques (concrètes) d’étapes, propres. Ce sont ces logiques qui expliquent que, dans certains de ses moments, l’expansion du capital entraîne la progression de l’emploi, dans d’autres sa régression.
Ces logiques ne sont donc pas l’expression de "lois du marché", formulées dans l’abstrait en tant que telles, mais des exigences de la rentabilité du capital dans certaines conditions historiques. Je dirai donc ici que la montée du chômage au cours des 25 dernières années n’est pas le produit du "marché", mais celui des stratégies du capital.
Le chômage est voulu, par l’État du capital, comme moyen nécessaire pour briser ce que le mouvement ouvrier avait conquis. Cette proposition est valable pour l’occident capitaliste développé comme elle l’est pour les pays de l’Est, reconquis.
Il n’y a aucune raison de faire crédit aux discours des pouvoirs - de Sarkozy ou de Chirac, de Villepin ou d’un quelconque gouvernement du genre - se "lamentant à propos du chômage. Concernant les périphéries du système capitalisme, la "pauvreté" - ou l’inégalité dans la répartition du revenu - ne sont pas davantage des effets "négatifs" produits par des circonstances particulières, ou des "erreurs" de politiques. Ils sont le produit de la logique du système, qui est celle de la polarisation mondiale qui lui est immanente. Ces "effets" sont donc permanents, même si dans certaines phases ils sont réduits et dans d’autres accentués.
La logique de l’expansion capitaliste a d’une part "érodée" graduellement les systèmes productifs nationaux, produits au cours de l’histoire antérieure depuis le mercantilisme et surtout la révolution industrielle, et d’autre part s’est ajustée à l’industrialisation progressive des périphéries, maintenues jusque là précisément hors du champ de la production industrielle.
J’avance que ces tendances inhérentes à la logique du capital se heurtent toujours à la résistance de forces qui n’en acceptent pas les effets. L’histoire réelle est alors le produit de ce conflit entre la logique de l’expansion capitaliste et celles qui découlent de la résistance de forces sociales à son expression. Dans ce sens l’état est rarement simplement l’État du capital, il est aussi le produit du conflit entre le capital et la société.
Par exemple l’érosion de l’efficacité de l’État national, produite par la mondialisation capitaliste, n’est pas un déterminant décisif et irréversible de l’avenir. Au contraire les réactions nationales à cette mondialisation peuvent imprimer à l’expansion mondiale des trajets imprévus, pour le meilleur ou pour le pire, selon les circonstances. Les préoccupations issues de l’environnement, qui sont, selon moi, en conflit avec la logique du capital (parce que celle-ci est par nature une logique à court terme), pourraient imprimer à l’ajustement capitaliste des transformations importantes. On pourrait, je crois, multiplier les exemples.
Durant cette première période les institutions internationales ont rempli des fonctions évidentes, associées à l’essor en question. Elles ont facilité la mondialisation en progrès, sans remettre en cause par principe l’autonomie de chacune des trois composantes du système, même si, presque par nature, leurs interventions ont toujours fait pencher la balance à droite.
La seconde période est, par contre, celle de l’érosion d’abord, puis de la crise et de l’effondrement des systèmes sur lesquels reposait l’essor antérieur. La période, qui est loin d’être close, n’est donc pas celle de la mise en place d’un nouvel ordre mondial, comme on se plaît à le dire trop souvent et trop vite, mais celle d’un chaos qui est loin d’être surmonté. C'est la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement et pour ces multiples raisons évoquées notre vote lors des élections Présidentielles sera plus qu'essentiel.
Nous serons à même de prouver si nous désirons un idéal de société aux valeurs humanistes de Gauche.
Ou si nous continuons l'immobilisme d'une droite illusoire qui nous fait croire qu'une rupture pourra changer les données de la mondialisation. Alors, qu'il s'agit d'une continuation des politiques déjà entamées. Les hommes de droite n'ont pas pour principe de modifier ou de trouver des alternatives à leurs propres théories qui ont fait leurs preuves.
Preuves de l'augmentation massive de la paupérisation dont ils estiment qu'il s'agit d'une évolution logique du libéralisme. La dimension humaine reste abstraite dans leurs paradigmes.
En plus clair, dans le capitalisme l'humain n'est qu'un rouage de la grande machine productiviste. Et peu importe la pauvreté tant qu'elle ne nuit pas aux ressources de la France.
Les gens de Gauche préfèrent mettre l'homme au centre de leurs préoccupations en tant qu'acteur de son propre destin. Car, c'est à partir de l'esprit créatif des êtres humains et non de l'économie que se construit la société de demain. Évidemment, le pragmatisme veut que l'un ne va pas sans l'autre. Mais, c'est l'homme qui se trouve à l'origine des richesses du pays et non pas les spéculations boursières.
A nous d'être suffisamment conscients de cet enjeu électoral qui possède d'autres dimensions à l'échelle mondiale. Ce qui n'était pas réellement le cas du temps de François Mitterrand. Les sociétés évoluent et il faut que nous évoluions avec elles sans pour autant renier nos valeurs et convictions.
Bruno LEROY.
24 août 2006
Nos idées
NOS IDÉES
I
/ La 6ème République :
Ces dernières années ont montrées, par les scandales politiques, de corruption et économiques, la fragilité d’une République en fin de vie.
Les Français n’ont visiblement plus confiance en leurs représentants. Mais qui pourrait les blâmés. Qui aurait confiance dans des hommes et des femmes politiques ayant plus de problèmes judiciaires que le commun des mortel, mais qu’y sont pratiquement intouchables ?
Il est temps de redonner confiance aux français dans la politique et leurs représentants. Pour cela nous proposons :
- Plus de transparence et de contrôle de la part et envers nos élus
- Plus de responsabilité et de pluralisme
- Plus de délibération et de participation. Il faut que les parlementaires n’assistant pas aux délibérations soient sanctionnés par une retenu sur leurs indemnisations.
- Transfert des pouvoirs parlementaires et judiciaires du Président de la République au Premier Ministre : nomination aux emplois civils et militaires, droit de dissolution, prérogatives en matière de diplomatie, de défense et de politique général.
- Transformation profonde du Parlement : mandat national unique, retour de l’initiative parlementaire, contrôle sur le gouvernement et les finances publiques.
- Une République citoyenne : référendums territoriaux, simplification des niveaux des échelons locaux, suffrage universel direct pour les structures intercommunales, transformer le Sénat en seconde chambre des forces vives.
- Des réformes judiciaires : cours constitutionnel élue ayant des pouvoirs augmentés, garante de l’indépendance et de la responsabilité des magistrats.
II
/ L’emploi
Pour redonner la confiance aux français il faut aussi s’attaquer réellement, et pas que oralement, au problème du chômage.
Pour cela nous proposons :
- Une revalorisation des salaires (surtout des plus bas)
- Partage de la valeur ajoutée dans l’entreprise
Il faut aussi mettre fin à un système de précarisation à outrance :
- Les CDD devront être renouvelés au maximum une fois pour des contrat de six mois (ce qui égale une période d’un an).
- Abolition de la politique de répression pour favoriser une meilleure réinsertion. Les chômeurs ne sont pas des criminels mais des victimes du capitalisme à outrance.
- Mise en place d'un suivit personnalisé des chômeurs et de leur dossier pour éviter les abus de certains. Pour cela il faut créer plus de poste ANPE.
- Les propositions d'emploi ou de formation devront tenir compte des capacité intellectuel et physique du demandeur.
- Réorganisation du système d’accès à l’emploi pour les handicapés en augmentant la taxe, en cas de non respect du quota d’embauche par l’employeur, à 15 % du chiffre d’affaire de l’entreprise. En cas de récidive, la suppression des aides d’état et de l’aide territorial sera automatique.
- Mises en place d'avantages fiscaux aux entreprises embauchant des personnes handicapés, de plus de 50 ans.
- Création d’un bureau contre les discriminations à l’embauche, au droit de location, et à l’accès à la propriété envers les jeunes de moins de 25 ans, les plus de 50 ans, les femmes et les handicapés.
III
/ L’économie
Mais pour pouvoir réduire réellement le chômage, ont ne peut ignorer le marché économique. Mais on ne peut ignoré la liberté économique et commerciale. Le libéralisme n'est pas un danger tant qu'il sert l'homme.
Pour cela un constat s’impose : Le marché libre non contrôlé (L'ultra libéralisme) est inefficace car il apporte :
- L’instabilité financière
- Du chômage de masse et du sous emploi masqué
- Des paradis fiscaux et des pots de vin
Pour lutter contre cela nous devons inverser les objectifs économiques pour que l’humain soit au centre de la politique économique et instaurer une régulation véritable du commerce international et du mouvement des capitaux.
Mais la France seule ne peut pas grand-chose face au chômage. Il faut donc réformer la politique économique européenne en mettant en place :
- Une économie européenne tournée vers l’intérêt général avec des normes sociales, fiscales, environnementales encadrants la compétition et la concentrant sur la qualité et la pertinence des produits.
- La promotion des services publics car il n’est plus à démontrer que la mise en concurrence fût d’un effet négatif au niveau du coup et de la qualité, par exemple chez nos voisins Britanniques ou chez « nos modèles » Américains.
- La promotion d’une économie sociale et solidaire : Il existe des alternatives aux principes capitalistes dans les économies de marché. Par exemple l’économie sociale et solidaire qui prouve que l’on peut avoir une économie non soumise au profit ce développant en enregistrant des bénéfices.
- Une économie au service du plein emploi et du progrès social : en mettant en place une conférence annuelle tripartite Etat, syndicats, patronat.
- L’abrogation de la loi Fillon sur le temps de travail
- L’encadrement strict des accords d’annualisation
- L’encouragement des entreprises à négocier des accords de passage aux 35 heures.
- Possibilité pour les personnes voulant faire plus de 35 heures de le faire en adoucissant la loi sur ce sujet.
- Egalité du Privé et du Public face au demande de subvention et autres aides.
IV /
L’éducation
Pour que les jeunes français aient une chance de réussite réelle il faut un système éducatif prêt à relever un tel défi.
Pour cela il faut :
- Redonner à l’éducation nationale son rôle d’orientation :
· En créant dans chaque établissement scolaire un poste de conseiller d’orientation diplômé.
· Mise en place, dès la sixième, d’un module, d’une heure à deux heures par semaine, de découverte du milieu professionnel et des entreprises (interventions des différents acteurs du monde du travail).
· Visite annuelle obligatoire d’une entreprise, dès la troisième, choisi par la classe durant le module.
· Choix, en binôme entre le conseiller d’orientation et l’élève, d’un stage découverte.
· Visite d’une agence ANPE, avec la rencontre de conseillers et de demandeurs d’emploi, obligatoire au moins une fois durant les études secondaires et une fois durant les études supérieurs.
- Elargir des bourses et la gratuité des outils pédagogiques.
- Pré scolarisation des enfants de deux ans.
- Droit égal des écoles publiques et privées. Les élèves changeant de secteur ne doivent pas subir de discriminations
- Accès aux diplômes pour toutes les catégories sociales
- Stopper les sélections basées sur les moyens financiers, la situation géographique, et les origines des élèves pour l’entrée dans les grandes écoles.
- Instauration du droit à l’éducation à vie.
V /
Santé et Social
De nos jours pour qu’une population se sente bien et en sécurité la santé et le social sont les deux points après l’économie, l’emploi et l’éducation, qui sont incontournable.
Malheureusement, de nos jours, ils sont bradés contre un système de santé et un système social à deux vitesses.
Des réformes sont donc nécessaires :
- Mise en place d’une politique de santé publique qui tient vraiment en compte toutes les couches sociales de la France.
- Garantie du minima des revenus
- L’Etat doit maintenir un contrôle sur les budgets de la santé et les budgets du social, afin d’éviter toutes dérives.
- Avant toutes décisions l’état doit en discuter avec les différents partenaires sociaux
- Instauré un droit à l’insertion pour toute personne étant sur le sol français
- Donner au secteur hospitalier les moyens de son action ainsi qu’à son personnel des conditions de travail décentes.
- Donner au secteur libéral de ville un cadre clair concernant ses droits et ses obligations
- Maintenir les pentions à un niveau élevé
- Maintenir le système de répartition en faisant des adaptations si nécessaires
- Maintenir la retraite à 60 ans en tenant compte des dix meilleures années travaillées que se soit dans le secteur public ou le secteur privé
- Prendre en compte la pénibilité de certains métiers pour justifier les différences dans les âges de départ à la retraite ou de la durée des cotisations.
VI
/ Les services publics :
Les services publics sont la base de la solidarité nationale. Grâce à eux les français les moins aisés peuvent avoir accès aux ressources et services essentiels à la vie dans notre monde du 21ème siècle.
Pourtant les bras armés de l'ultralibéralisme veulent mettre à sac ce droit à l’égalité, et malheureusement certains d’entre eux ce disent de gauche.
Avant de parler des différentes manières de maintenir la pérennité des services publics, il faut préciser les domaines relevant de ceux-ci :
- La santé
- Le transport
- L’eau
- L’énergie
- La communication
- La culture
- Le logement
- L’insertion et l’accueil des étrangers.
Pour la Gauche Ouvrière et Chrétienne, il y a deux points importants à développer :
Les obligations législatives :
- L’égalité d’accès
- La non discrimination à l’accès
- La péréquation tarifaire
Les établissements nationaux en charges d’un service public devront restés sous le contrôle total de l’état : EDF-GDF, SNCF …
Cela n'empêche pas la possibilité de l'arrivée de concurrent sur certains marché comme les Telecoms, tant qu'un service public est proposé à la population garantissant les obligations législatives citées plus haut.
VII / La
justice et la Sécurité
Nous avons pu voir, notamment avec l’affaire d’Outreau et celle des emplois fictifs de Paris, que le système judiciaire français, à l’heure actuel, n’est plus fonctionnel et à perdu son objectivité ainsi que son impartialité.
Nous devons donc repenser ce système. Pour cela la justice ne doit plus être dépendante du pouvoir exécutif et de ses intérêts. Il est aussi essentiel que les citoyens français aient un droit de regards et que le système judiciaire puisse contrôler ses actes et accepter la mise en jeu de sa responsabilité.
Pour cela il faut :
- Une cours constitutionnelle élu : Cette cours sera revêtue de la légitimité élective. Les membres seront élus au suffrage universel indirect, par les députés, sous présentations du Président de la République, pour une durée de 9 ans renouvelables tous les 3 ans par tiers. Le président de la cours sera élu par ses pairs.
- Augmentation des pouvoirs de la cours constitutionnelle : Cette dernière sera chargée de contrôler le respect de la constitution par l’ensemble des pouvoirs :
· Le pouvoir législatif : En contrôlant le respect constitutionnel des lois. Tous citoyen pourra saisir la cours lors d’un litige engagé devant les tribunaux
· Le pouvoir exécutif : En contrôlant les décisions prises par celui-ci.
- Une cours constitutionnelle garante de l’indépendance et de la responsabilité des magistrats : Cette cours sera placée à la tête de la hiérarchie judiciaire. Elle remplacera le conseil supérieur de la magistrature et ainsi pourra garantir l’indépendance, l’objectivité et l’impartialité des magistrats. Pour finir la cours constitutionnelle contrôlera la nomination des juges. Quand aux procureurs ils seront placés sous le contrôle du parlement.
VIII /
L’environnement :
Il est maintenant indéniable que notre société industriel est une des causes majeurs du réchauffement climatique et de tous ce qui en découle : fonte des glaces, augmentation du niveau de l’eau, augmentation de la fréquence des tempêtes, ouragans… Sans parlé de la déforestation, et des espèces animales et végétales disparues ou en voie de disparition.
Il est donc temps de stopper l’hypocrisie collective qui veut que l’on admette le mal ambiant mais que l’on ne fasse rien au nom de l’économie de marché (encore une preuve de la nocivité du libéralisme à outrance et de son cousin le capitalisme).
Il faut donc que nos dirigeants arrêtent de sous traiter le problème : Ce n’est pas en se réunissant lors de réunions somptueuses dans des lieus luxueux que les choses changeront. Surtout si les accords passés ne sont pas appliqués ! Les conséquences de nos dérives industrielles se font déjà ressentir. Le pire est que se sont une fois de plus les populations les plus pauvres qui sont touchées par cela. Ironie du sort se sont elles qui polluent le moins.
Il est donc l’heure de redéfinir les priorités de notre civilisation, pour réussir à sauver ce qu’il est encore possible de sauvegarder :
- Mettre la priorité sur le principe pollueurs-payeurs : Il est évident que ce n’est pas aux victimes de payer mais aux auteurs de pollutions. Notamment pour la protection de nos côtes et de nos ressources maritimes. Ce principe et, bien sûr aussi valable, pour les pays pollueurs.
- Priorité aux transports collectifs : Pour réduire la pollution en ville il faut diminuer la place de la voiture individuelle en imposant des normes strictes sur les véhicules et en développant des transports urbains en site propre. Des choix importants doivent être aussi faits en faveur du ferroviaire car si rien n’est fait le transport routier triplera d’ici une dizaine d’années.
- Priorité à la diversification énergétique : Même si le nucléaire a permis d’assurer l’indépendance de la France en matière d’énergie, il faut mettre la priorité sur les énergies renouvelables qui sont quasiment inépuisables et qui ne polluent pas. En parallèle, il faut relancer une politique d’économies d’énergie.
- Priorité à une agriculture respectueuse de l’environnement : L’ensemble des aides agricoles (dont la PAC) devront être conditionnées au respect des normes en matière de qualité de l’eau et d’utilisation des sols.
- Priorité à une politique environnementale européenne, citoyenne et responsable : Pour qu’une telle politique fonctionne il faut qu’elle soit européenne. Pour cela l’Europe doit mettre en place des mesures de sauvegarde et de rétorsion pour contraindre les Etats défaillants, à cesser leur guerre quotidienne contre la planète. Naturellement les Etats seuls ne peuvent rien, si les citoyens n'y mettent pas du leurs. Pour cela il faut que ceux-ci soient éduqués et incités à changer leurs comportements tout d’abord par la prévention mais s’il le faut par la répression.
La destruction de notre environnement est un crime non seulement contre l’humanité mais contre tous les êtres vivants habitants notre planète. Car, au risque dans étonner certains, nous ne sommes pas les seuls êtres ayants le droits de vivre sur cette planète.
N’oublions pas que nous ne sommes pas propriétaires de la Terre mais seulement locataires. Des civilisations ont fait cette erreur et ne s’en sont pas relevé.
IX / L’Europe :
Même si nous avons été pour le non au referendum sur la constitution européenne, nous aimons l’Europe. Mais pour que celle-ci fonctionne il ne faut pas aller plus vite que la musique et être réaliste. Avant toute chose il nous faut une harmonisation des normes sociales, sanitaires, économiques, judiciaires, militaires, religieuses (laïcité) et environnementales. Et nous savons que cela n’est pas le cas et que le projet de constitution n’apporte aucune réponse à ce sujet.
Nos idées pour l’Europe sont les suivantes :
- Un parlement européen élu à partir de listes transnationales, conduites par un candidat à la présidence de la Commission. Ce parlement aura le pouvoir de voter l’impôt et de contrôler la Banque Centrale.
- Une fédération représentative des gouvernements et parlements nationaux garantissant ainsi une coopération renforcée.
Ces discutions et cette harmonisation ne seront pas simple. Il faudra sûrement des concessions de part et d’autres (sans que ce soit toujours les mêmes qui n’en font aucunes). Mais s’il on veut que l’Europe ne soit plus un rêve d’unité, de liberté, d’égalité, de fraternité et de paix, mais une réalité, il est temps d’unir nos idées pour former un projet viable, sociale et réaliste.
x/ La culture
Le cinéma, le théâtre, la musique, l’opéra, la poésie, la littérature … Toutes ses disciplines artistiques qui ont fait la fierté de la France sont aujourd’hui soumises, elles aussi, aux lois de l’ultralibéralisme. Notamment avec la remise en question du régime des intermittents du spectacle, du système de financement des productions française, et de la crise de l’industrie française du disque, pour ne citer que cela.
Notre patrimoine culturel est mis en pièce par le MEDEF et autres lobbies (comme les chaînes de télévisions). Bientôt la particularité créatrice française n’existera plus. Comment les nouveaux Brel, Renoir, Pagnol, Hugo pourront ils développer leurs talents si on ne leur en donne pas les moyens.
En s’attaquant au processus créatif français, le système économique actuel s’attaque à notre liberté de rêver, de se divertir. A la place ils veulent nous laver le cerveau avec des divertissements où la réflexion n’a plus sa place mais où abrutissement de masse est de mise.
La différence entre la culture est le simple divertissement est dans la profondeur des propos est dans la transcendance des sensations.
Cet ensemble apporte de l’espoir au peuple et ça le MEDEF et ses amis le savent. Ils savent aussi que les artistes ont toujours combattues l’injustice, la misère et la pauvreté et que l’art peut participer à de grands bouleversements (la révolution par exemple).
Pour que la France garde sa force et sa créativité culturelle il faut :
Remettre à plat le système de protection des intermittents du spectacle pour qu’il soit le plus juste et efficace possible
Mettre en place une aide au financement pour les œuvres cinématographique et scénique faisant preuve d’originalité et ayant peut de moyen
Mettre en place une aide à l’autoproduction pour relancer l’industrie du disque en France.
Faire découvrir au jeune les diverses disciplines artistiques et les métiers qui les composes
P.S :
Toutes ces idées peuvent être améliorées. Nous attendons vos suggestions. Elles
nous servirons pour faire notre programme politique. Pour faire VOTRE programme
politique.