21 mai 2007
Airbus : Sarkozy ne rassure pas
Sarkosy ,quand il était ministre avait déjà fait marche arrière concernant GDF par exemple,maintenant qu'il est Président il continue à revenir sur ses promesses ,même celle qu'il avait fait pendant la campagne électoral,il privilégie donc ,ce qui ne nous étonne pas,le patronat et les actionnaires et aussi il ne veut pas déplaire à Merkel.
Les Français vont s'apercevoir plus tôt qu'ils le croivent l'erreur qu'ils ont fait en l'élisant comme chef de l'état mais comme d'habitude il sera trop tard sauf s'ils reviennent à la réalité et font en sorte que toute la gauche soit majoritaire à l'assemblée
Le Président de la G.O.C.
Airbus : Sarkozy ne rassure pas
Lors de sa visite à Toulouse, le président de la République a affirmé l’ambition d’une politique industrielle. Mais il ne remet nullement en cause Power 8 et les 10 000 suppressions d’emploi. Ni la cession au privé du site de Méaulte.
Toulouse,
correspondant régional.
C’est à l’heure du repas que le président de la République a rencontré hier midi à Toulouse les syndicalistes d’Airbus, mais ces derniers sont restés sur leur faim. Tous ici ont toutefois salué sa venue, conformément à l’engagement pris par le candidat lors de deux visites dans la Ville rose les trois mois précédents son élection. Il n’en reste pas moins que ceux qui attendaient des annonces concrètes concernant la grave crise économique et sociale que traverse l’avionneur européen n’y trouvent pas leur compte. Si le président de la République a réaffirmé aux côtés de Jean-Louis Borloo, nouveau ministre de la Stratégie économique, sa volonté via la réforme à venir d’EADS de promouvoir une politique industrielle « ambitieuse » sur le sol national, et de modifier le pacte d’actionnaires, il n’a nullement remis en cause le plan Power 8, ses 10 000 suppressions d’emplois dont plus de la moitié en France et les cessions et ventes de sites annoncées. Il est même revenu sur un de ses engagements de campagne concernant l’usine de Méaulte.
« Il n’y a pas un problème de conflit entre la France et l’Allemagne », a assuré d’emblée Nicolas Sarkozy, rendant compte de sa récente entrevue avec la chancelière allemande. Il a d’ailleurs annoncé une prochaine venue à Toulouse avec Angela Merkel pour visiter les usines et réunir les quatre principaux actionnaires d’Airbus. Au sujet de Power 8, il a botté en touche en renvoyant ce dossier crucial à Louis Gallois, le président d’Airbus. « J’ai toujours dit qu’un plan social était nécessaire, a souligné le président de la République, ce n’est pas à l’actionnaire de gérer ce plan social mais aux dirigeants de l’entreprise. »
Alors que le candidat de l’UMP avait déclaré qu’il préférait que l’État donne de l’argent à Airbus pour sauver son site de Méaulte et le garder dans son giron plutôt que de donner des subventions à Latécoère pour prendre la main sur cette usine picarde, le nouveau chef de l’État s’est dit favorable à une cession sous forme de joint-venture avec cette « excellente entreprise » qu’est Latécoère. Pour Nicolas Sarkozy, le problème principal d’EADS reste un problème d’actionnariat et non de gouvernance. Il a confirmé que l’État actionnaire pourrait rapidement intervenir dans le développement du capital du groupe européen d’aéronautique et de défense pour répondre aux besoins de financement. Du moins passagèrement, a-t-il insisté, car, « dès que l’entreprise ira très bien, l’État devra céder ses actions sur le marché ». Une démarche dont Airbus vient déjà de faire les frais : de l’argent public pour faire face aux besoins et aux difficultés, avant de céder le capital et le pouvoir au privé quand les affaires vont bien. Pour ceux qui pouvaient y croire, le nouveau président de la République a nettement affiché son opposition à « une nationalisation partielle ». Par ailleurs, il a annoncé que Jean-Louis Borloo déposerait un projet de loi dès l’été pour rendre illégaux les golden parachutes des dirigeants d’entreprise.
Tout en jugeant de manière positive cette affirmation d’une politique industrielle ambitieuse pour la France et la volonté d’intervention de l’État dans Airbus, Julien Talavan et Jean-François Knepper, responsables Force ouvrière, ont à l’issue de la rencontre exprimé leur déception face au recul de Nicolas Sarkozy sur le devenir de Méaulte. « Nous acceptons d’autant moins ce revirement de situation que l’arrivée d’un investisseur extérieur n’apportera aucune valeur ajoutée, et qu’il ne résistera pas à la concurrence. » Représentants la CGT, Xavier Petrachi et Georges Daout se sont également inquiétés du recul concernant Méaulte ainsi que de l’absence de réponse sur le plan Power 8. « Il n’y a pas de rupture avec ce qu’a annoncé Louis Gallois sur les 10 000 suppressions d’emplois, ni sur les salaires. » Les responsables cégétistes ont également relevé la contradiction entre l’affirmation d’une politique industrielle forte et la cession ensuite des parts publiques à des actionnaires privés. « Airbus et l’industrie aéronautique ont plus que jamais besoin d’actionnaires qui s’engagent sur la durée. »
Alain Raynal
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